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mardi 1 mars 2011

Le Cosmos-Standard : un label européen pour les cosmétiques bio

Après presque 10 ans de négociation, le Cosmos Standard, nouveau label européen pour les cosmétiques bio devrait bientôt fleurir sur les produits bio produits en Europe.

Développé conjointement par les organismes de certification Cosmébio, Ecocert (France), BDIH (Allemagne), ICEA (Italie) et la Soil Association (Grande-Bretagne), il « couvre » à la fois l’origine des ingrédients – qui sont répartis en cinq catégories (eau, ingrédients d’origine minérale, agro-ingrédients transformés physiquement, agro-ingrédients transformés chimiquement et « autres »), chacune étant soumise à des critères spécifiques – et leur transformation et garantit une traçabilité verte. Partant d’une application stricte du principe de précaution, il exclut ainsi l’utilisation de nanomatériaux, d’OGM et interdit le recours à des procédés d’irradiation.

Les logos nationaux ne seront cependant pas supplantés mais complétés par une mention « Cosmos Natural » ou « Cosmos Organic » selon le degré de certification. La nuance a son importance puisque les produits certifiés « Cosmos Natural » n’auront aucune exigence à remplir en termes de pourcentages minimums d’ingrédients bio. Les cosmétiques « Organic », eux, devront être constitués d’au moins 95 % d’agro-ingrédients physiquement transformés et 20 % du produit fini devra provenir de l’agriculture biologique (la barre restera néanmoins à 10 % pour certains produits comme les shampooings et les gels-douche).


Il est toujours pertinent de se demander si l'entrée en vigueur d'un nouveau label permet  véritablement de simplifier le message destiné aux consommateurs. En l'espèce,  l'inquiétude peut venir de l'utilisation du terme "natural" que l'on sait être largement surexploité et galvaudé par ailleurs et surtout l'idée de deux niveaux de certification. Il est néanmoins pertinent d'avoir conservé les logos nationaux qui se sont progressivement forgés une image de fiabilité et de crédibilité dans l'opinion. 




mercredi 19 janvier 2011

Faut-il labelliser le « naturel » ?


Dans le domaine de la cosméto bio, le dernier né des labels verts s’appelle Eco-control. Il doit notamment garantir aux consommateurs l’absence d’OGM et d’autres matières dérivées de la pétrochimie.

Aussi sérieuse et vertueuse puisse être cette nouvelle certification, elle ne fait que s’ajouter à l’imposante cohorte de labels qui existent déjà. Il devient de plus en plus difficile pour les consommateurs, y compris les mieux informés, de se retrouver devant cette prolifération de logos. Ainsi le logo est-il toujours un moyen de clarifier la situation, ou ne risque t-il pas d’ajouter à la confusion ? Faudrait-il désormais limiter l’arrivée de nouveaux labels ?

Le cas du terme naturel est assurément un exemple illustrateur de ce débat. Certains s’interrogent en effet sur la nécessité de labelliser ou, à tout le moins, d’encadrer strictement l’usage du terme « naturel ». Celui-ci est suffisamment vague pour que de nombreux produits s’en réclament. Selon la base de données globale sur les nouveaux produits de Mintel, le terme naturel a été, pour l’année 2010, l’allégation la plus répandue sur les nouveaux emballages. Rien de véritablement étonnant quand on sait que le marché des produits bio, s’est maintenu malgré la crise, et que l’on estime qu’il devrait atteindre les 60 milliards de dollars US en 2011.

Cependant, un sondage récent réalisé aux États-Unis, sur 1000 consommateurs réguliers de produits « bio », révèle que les 2/3 souhaitent voir mis en place une norme encadrant et certifiant les processus et la composition des produits portant des allégations de produit naturel. 1/3 des personnes interrogées disent également n’avoir pas confiance dans ce type de prétention.

Pourtant, de nombreux consommateurs sont véritablement à la recherche de « naturel ». Dans un sondage précédent, on trouvait également 1/3 de répondants plus enclins à acheter des produits dits naturels que des produits prétendus bio, et ce alors que le produits bio font eux l’objet d’une norme stricte encadrée la Food and Drug Administration.

Cet intérêt pour le naturel est très certainement révélateur d’une tendance chez les consommateurs. Certains consultants notent qu’alors que les entreprises continuent, pour la plupart d’axer, leur discours environnemental sur les économies d’énergie et la protection de la planète, les consommateurs semblent, quant à eux, plus intéressés par des bénéfices personnels en termes de santé, et dans un second temps par l’implication sociale des entreprises dans la communauté.

En tout état de cause cette allégation "naturel " a sans doute de beaux jours devant elle et il serait peut être pertinent, en effet, d’y mettre un peu d’ordre. Encore faudrait-il pour commencer déterminer à qui, il reviendrait de vérifier et de décerner cette certification : les entreprises elles-mêmes, une ONG, un organisme public ?

Source: Le Blog Best in Packaging

mercredi 1 décembre 2010

1er Baromètre de la consommation responsable: les Québécois s'en tirent bien


Acheter, c’est voter! Voilà une phrase qui illustre bien la consommation responsable et le pouvoir d’influence que détiennent les consommateurs. Par ses choix, chacun peut contribuer à influencer la société ou l’environnement qui l’entoure. Il détient un droit de regard sur les agissements de certaines entreprises ou marques.
 Être un consommateur responsable, c’est :
  • Faire des choix basés sur des critères sociaux (par exemple, des produits équitables) et environnementaux (par exemple, des produits biodégradables) 
  • Choisir de ne pas acheter un produit ou un service s’il ne correspond pas à ces critères
Partant du constat que nous savions en réalité peu de choses sur les pratiques de consommation responsable des Québécois, l'Observatoire de la consommation responsable de l'Université de Sherbrooke a mis au point un indice de mesure afin d’évaluer le niveau de consommation responsable au Québec.

Les résultats de la première étude sur la consommation responsable au Québec révèlent que les Québécois obtiennent une note honorable, soit un indice de 64 sur un maximum de 100.

L’étude dessine trois grandes tendances de consommation responsable au Québec qui se résument ainsi:

1) Les Québécois sont champions du recyclage et que les habitudes de tri sélectif sont bien ancrées chez plus de 80 % des personnes interrogées.
 2) Le consommer moins est dans l’air du temps pour plus de 64 % des Québécois (un résultat peut être lié au climat économique).
 3) Les Québécois sont de plus en plus nombreux à se tourner vers l’achat local: 60,1 % d’entre eux ont fait ce choix dans la dernière année lorsque c’était possible. De même, 60,9 % des personnes interrogées favorisent les achats de proximité

Parmi les autres faits saillants de cette analyse, on retiendra que :
- Les baby-boomers (personnes nées entre 1946 et 1964) forment le groupe d’âge le plus responsable au Québec. À l’opposé, la jeune génération Y (née entre 1979 et 1995) représente le groupe de consommateurs le moins responsable.

- Quant aux certifications responsables, les Québécois s’en méfient, car ils les trouvent complexes et peu identifiables. Ils pointent régulièrement le manque d’information à leur sujet et accordent peu d’importance à leur croissance exponentielle sur le marché

- Pour 56,1 % des Québécois, le prix des produits ou des services responsables est bien trop élevé par rapport à celui d’autres produits de leur catégorie. Et surtout, plus d’un tiers des personnes interrogées doutent encore de la qualité et de la performance des produits et services responsables

Les résultats du Baromètre de la consommation responsable s’appuient sur un pré-test réalisé du 12 au 17 octobre auprès de 170 Québécois(es) âgés de 20 à 79 ans. Ils s’appuient également sur une enquête réalisée du 4 au 11 novembre auprès d’un échantillon de 750 Québécois(es) représentatif de la population. La marge d’erreur est de 3,6 %.

Pour en savoir plus : le site du Magazine Protégez-vous.ca

jeudi 18 novembre 2010

Québec: une nouvelle certification pour les produits à contenu recyclé

On a appris cette semaine que le Québec sera l’un des premiers États en Amérique du Nord à offrir, dès 2012, une certification pour les produits à contenu recyclé.
Pour le moment, le pourcentage de produits recyclés n'est pas réglementé, et il ne sera pas nécessairement soumis à une norme. Les entreprises seront cependant tenues d'afficher le contenu des matières recyclées qu'elles utilisent dans la fabrication de leurs produits.

Le Bureau de la normalisation du Québec sera chargé d'élaborer ce nouveau programme de certification, alors que le ministère du Développement durable sera le détenteur de cette marque de certification et verra à sa diffusion. Cette mesure s’inscrit dans les objectifs de la future politique de gestion des matières résiduelles, parmi lesquels on relève en effet l’ambition d’augmenter la demande pour les produits à contenu recyclé.

Cette certification entend permettre aux consommateurs d’opérer des choix plus éclairés, en évitant notamment certaines pratiques qui relèvent du greenwashing. Une étude américaine réalisée en 2009 et portant sur plus de 2000 produits étiquetés «verts», révélait en effet que 98 % des produits fabriqués à partir de matières recyclées n'en contenaient parfois qu'un infime pourcentage.

Néanmoins, il faudrait préciser qu’idéalement, les produits à recycler devraient aussi être plus homogènes, c'est-à-dire composés de matières de même nature. Mais cela ne fait, pour l’instant, pas partie des éléments pris en compte par la certification annoncée.

Il conviendrait enfin souligner également que l’achat d’un produit à contenu recyclé n'est pas systématiquement le meilleur choix environnemental, si on tient compte notamment de sa provenance, sa toxicité et de son potentiel de réutilisation, etc.

mardi 5 octobre 2010

Quand le trop plein de labels écologiques cause l’indigestion des consommateurs.


Pour tous ceux qui veulent consommer écologique et éthique en faisant leur épicerie, il est généralement admis que plus l’on a d’information, mieux c’est ! Mais c’est loin d’être toujours le cas.

Une étude anglaise récente rapportée par le quotidien britannique The Guardian conclue que les consommateurs à l’affût d’achats plus responsables sont en fait de plus en plus désorientés devant la prolifération des étiquetages faisant la promotion d’arguments toujours plus verts.

Des étiquettes indiquant les « kilomètres parcourus » par le produit comme au Japon, à celles revendiquant un produit, le plus souvent une viande de poulet, « rafraîchi à l’air » (Vu dans les supermarchés du Québec), en passant par les produits issus du « commerce équitable », ou de « l’agriculture biologique », on assiste depuis quelques années, à une véritable explosion des labels sensés permettre au consommateur d’acheter plus durable, plus écologique, plus éthique ou plus respectueux du monde animal. De quoi rendre perplexe et confus, un consommateur assailli par ces informations de toute nature.

L’étude réalisée par l’association de consommateurs “Which ?” auprès de 1000 Britanniques, révèle que 7 personnes interrogées sur 10 déclarent qu’elles porteraient davantage d’attention à l’impact environnemental de la nourriture qu’elles achètent si les étiquetages étaient plus clairs et plus parlants.

Autre constatation, si certaines certifications comme celle du commerce équitable sont relativement bien connues (même si les gens ne sont pas toujours capables d’expliquer ce qu’elle signifie), d’autres demeurent presque inconnues du grand public comme le programme de certification et d'écolabellisation du Marine Stewardship Council qui valorise les produits de la mer issus de la pêche durable.

Voilà qui dresse un tableau assez pessimiste de la perception des certifications et labels. Pour autant l’association Which? reste persuadée que la solution ce n’est pas moins d’information, mais une meilleure information. Pour cela, il faudrait notamment parvenir à une rationalisation et une clarification du fourmillant monde de la certification alimentaire : une tâche loin d’être une mince affaire.

mercredi 28 juillet 2010

L’éco-consommateur face à la jungle des Certifications vertes et autres écolabels

Dans les rayons des supermarchés, les produits se réclamant de la nouvelle vague verte n’en finissent plus de fleurir. Mais si ces allégations environnementales sont devenues de bons arguments de vente, elles peuvent recouvrir des réalités parfois décevantes.

On a pu voir ainsi des gammes entières de produits dont la composition et la liste d’ingrédients reste inchangée, si ce n’est qu’on a retiré ou diminué la quantité d’eau contenue dans l’ancienne formulation du produit. La formule concentrée se voit ainsi labellisée « verte » car la quantité de plastique de son contenant ou emballage a été réduite. Il y aussi ce cas des produits dont on fait la promotion en assurant qu’ils sont « verts » parce que composés ou issus de matières recyclées, tout en feignant d’ignorer des pratiques de production dommageables pour l'environnement. Il y a enfin toutes les compagnies qui font la promotion de nouvelles lignes de produits écologiques tout en continuant à vendre d’autres produits nocifs pour l'environnement.

De là, il n’y a parfois qu’un pas à franchir pour parler de véritable duperie ou de tromperie sur la marchandise… La sensibilisation croissante des consommateurs conscients des dérives du marketing écolo ou du greenwashing a finalement donné naissance à de nouvelles certifications ou labels écologiques ou biologiques. On compte aujourd’hui plus de 800 certifications dans le monde et plus de 80 seulement aux États-Unis.

Mais dans cette jungle, il faut distinguer les écolabels approuvés par une entité publique (comme le gouvernement), de ceux approuvés par un tiers indépendant ou encore de ceux qui ne sont que des auto-déclarations des compagnies elles-mêmes. Ce manque d’encadrement laisse aux entreprises le loisir de créer leurs propres écolabels, en fonction de leurs propres règles, au point où certaines de ces certifications s’avèrent finalement n’être rien de plus qu'un nouveau moyen d’ « éco-verdissement » de leur produit.

Pour les consommateurs qui se retrouvent aujourd’hui face à cette prolifération de logos, il est de plus en plus difficile de se retrouver. Acheter bio ne signifie pas pour autant acheter écolo ou équitable, et inversement. Tout dépend des valeurs que l’on priorise. Et Comme un Éco-consommateur averti en vaut deux, mieux vaut qu’il sache distinguer entre les autodéclarations environnementales et les logos officiels approuvés par des certificateurs tiers.