mardi 14 août 2012

Ethanol à base de maïs : remplir les estomacs ou les réservoirs ?



Alors que les États-Unis connaissent actuellement l'une des pires sécheresses que le pays ait connu depuis plus d'un demi siècle, de plus en plus de voix s'élèvent pour remettre en question l'ajout d'éthanol à base de maïs dans l'essence.

En 2007 sous la pression du lobby des producteurs de maïs, le Congrès américain faisait adopter l'obligation d'incorporer de l'éthanol de maïs dans l'essence automobile. Pourtant dénoncé dans un rapport de l'OCDE dès 2008, ce qui est vanté par ses défenseurs comme une solution écologique vertueuse et une option stratégique assurant l'indépendance énergétique, démontre aujourd'hui, s'il en était besoin, qu'il s'agit d'une véritable hérésie.  

Il apparaît bien évident que cette disposition fédérale (Renewable Fuel Standard, RFS) fausse totalement le marché et explique largement l'augmentation continue du prix du maïs, passé d'un niveau inférieur à 3 dollars le boisseau durant les années 1980 et 1990, à un niveau supérieur à 5 dollars à partir de 2009. Plus largement, l'augmentation des cours de maïs a de terribles répercussions sur la volatilité de l'ensemble des prix des denrées alimentaires, du lait à la viande. En 2012, près de 120 millions de tonnes de maïs soit presque 40 % de la production américaine de cette céréale aurait ainsi été détourné de la production alimentaire*.  En cinq ans, ce chiffre a presque triplé et la tendance semble malheureusement ne pas prendre le chemin inverse pour les prochaines années.

Alors que la situation mondiale est particulièrement  précaire et que 18 millions de personnes souffrent ou sont menacées de famine et de malnutrition au Sahel, cette concurrence inepte entre agrocarburant et denrées agricoles constitue clairement une menace pour la sécurité alimentaire mondiale. 

En 2007 déjà, l'augmentation de 30% du prix de la tortilla avait jeté dans les rues des centaines de milliers de personnes au Mexique. L'éthanol était clairement pointé du doigt comme une des causes principales de la situation. L'année suivante, on s'alarmait encore de l’effet de la hausse des cours mondiaux des denrées alimentaires qui se faisait ressentir aux quatre coins de la planète. La situation était telle que de nombreux pays avaient même connus de véritables émeutes de la faim, parfois violemment réprimées (Côte d’Ivoire, Sénégal, Cameroun, Burkina Faso, Égypte, et même dans les Caraïbes, Haïti). En 2010 et 2011, on a tendance à l'oublier, mais la vague des "révolutions arabes" notamment au Maghreb se déroulaient aussi sur fond de forte augmentation des prix des produits alimentaires de base qui faisait partie des premières revendications.

Aussi, peut-on penser que le spectre des émeutes de la faim et son lot d'incertitudes politiques et économiques pourrait bien ressurgir si  les prix agricoles continuent leur folle ascension.

En somme, nous pouvons l'affirmer, la promesse des agrocarburants n'est clairement pas tenue: il s'agit bel et bien d'une triple hérésie économique, écologique et humaine aux conséquences aussi incertaines que terrifiantes !

Sources : Hervé Kempf," Aux Etats-Unis, l'utilisation de maïs pour l'éthanol fait polémique", Le Monde, 02.08.2012.


mardi 7 août 2012

Non, ce blog n'est pas mort..mais l'environnement, en tant que thème de campagne électoral pourrait bien l'être...


Et non, ce blog n'est pas mort... il était en sommeil;  un sommeil certes très très profond... 
Alors que la fin de mon parcours de thèse de doctorat occupait toutes mes pensées, j'ai sans doute négligé l'actualité de l'environnement et de la communication environnementale des marques,  nombre d'infos sont passées à la trappe de la broyeuse médiatique sans que je n'ai pris le temps de les aborder ou même d'en prendre connaissance. Mais mieux vaut tard que jamais et le temps est venu de ressusciter  mon goût pour la plume ou plutôt mon clavier!  Sans garantir mes éventuels lecteurs de mon  assiduité ou d'une quelconque ferveur écologiste militante  (je ne l'ai jamais revendiquée et ne le ferai jamais tant la nuance et la mesure sont des valeurs importantes à mes yeux ), je me fais seulement la promesse de saisir l'opportunité de ce blog pour m'adonner à la passion de l'écriture et du débat d'idées.



Pour renouer en douceur, petite réflexion à l'heure où le Québec est entré en campagne électorale : il me semble que l'environnement est très loin d'occuper les débats. L'attention  des médias semble toute entière portée sur les questions de la corruption avec la candidature vedette de Jacques Duchesneau et de l'éducation avec le possible retour des grèves étudiantes. 

Certes, nous en sommes aux premiers jours de campagne et il n'est pas impossible que la question environnementale resurgisse prochainement, au détour, notamment des débats portant sur l'exploitation de nos richesses naturelles....mais l'environnement sera t-il un thème porteur ? Rien n'est moins sûr. Quels sont d'ailleurs les positions des différents partis  sur le  dossier environnemental ? Qui donc, chez les électeurs québécois, hormis ceux qui peut être l'ont découvert dans le questionnaire de l'excellente Boussole électorale, connait Claude Sabourin (allez, je vous aide c'est le chef du Parti Vert) ?...L'existence de ce parti est-elle toujours pertinente sur la scène politique québécoise ? ....autant d'interrogations qui me laissent penser que l'environnement n'est sans doute pas la priorité des Québécois dans ces élections...et comment les en blâmer...difficile de remonter la pente !

Pour ceux qui s'intéressent à ce thème, le site de Gaïa Press propose une revue de presse sur le sujet ...


Bienvenue à ceux qui pourraient parcourir , voire (rêvons un peu) redécouvrir ces pages !



mercredi 16 mars 2011

Comment faire durer une marque ? 5 éléments pour travailler à sa pérennité

Qu’est-ce qui fait qu’une marque pourra durablement s’installer sur un marché et dans l’esprit des consommateurs. Difficile de faire des prédictions dans un monde toujours plus complexe où les changements climatiques, les crises économiques et les moyens de communications révolutionnaires changent et changeront encore la donne pour les décennies à venir.

Marc Stoiber, spécialiste du marketing Vert, nous propose de considérer les 5 éléments qui constituent les piliers qui font qu'une marque peut espérer durer.

1. « Sustainability » …le développement durable

a. Pertinent, dans un monde où les ressources naturelles se raréfient, où la contrainte réglementaire environnementale tend partout à se resserrer et où les ONG et les consommateurs sensibles aux questions environnementales sont toujours plus à l’affut des moindres faux-pas surtout à l’heure des médias sociaux ou l’on souhaite éviter le « buzz » négatif .

b. Cependant, il s’avère être souvent plus judicieux de faire du DD un élément de la marque, plutôt que d’en faire la seule référence, le pilier central de son « branding » (qui risque d’écarter de la marque les consommateurs réticents ou indifférents aux causes environnementales). Ainsi, si on prend l’exemple de Nike, la marque de sport a intégré la dimension environnementale, mais continue de faire de la performance sportive son axe central de communication.

2. L’innovation
Les compagnies qui se démarquent et creusent leur sillons, tout en se démarquant de leur concurrentes sont celles qui savent créer et maîtriser un flux constant d’innovation au sein de leur organisation. Trop souvent l’innovation ne fait pas partie d’une stratégie maîtrisée.

3. Bâtir sa marque sur un filon ou une idée pérenne
Marc Stoiber prend l’exemple de BMW pour illustrer ce point. Les inquiétudes sur la montée des prix des carburants ont incité le constructeur allemand à abandonner le slogan, "The Ultimate Driving Machine", qu’il avait pourtant conservé 31 ans, pour axer sa nouvelle stratégie autour du concept de « mobilité », plus adapté aux enjeux du monde urbanisé de demain. Ce faisant, BMW laisse le champ libre à l’innovation, auto électrique et autres, etc... 

4. Miser sur le Design
Si la génération de nos grand-parents vivait dans un environnement culturel relativement stable et familier, nous vivons aujourd’hui dans un monde marqué par un métissage culturel marqué. Dans cette cacophonie multiculturelle, Marc Stoiber considère que ce qui nous rapproche (et accessoirement les consommateurs que les marques ciblent…) c’est un design bien pensé, soigné, original et surtout un design qui rend l’utilisation de votre produit facile et pratique. Stoiber suggère même le test interculturel ultime : "confiez son produit à quelqu’un qui ne parle pas la même langue que vous et observez sa réaction et sa facilité à comprendre comment il fonctionne".

5. La sociabilité
Partant de l’idée que la transparence et l’honnêteté sont des valeurs garantissant la pérennité d’une marque, le temps est peut être venu de jouer ces deux cartes et d’opérer un virage si en effet, il s’Avère que les produits proposés sont dommageables pour l’Environnement ou la santé.

J’ajouterai que c’est d’autant plus pertinent que les marques devraient désormais se saisir des opportunités d’intéraction avec les consommateurs, que leur offrent aujourd’hui les média sociaux. Les marques vont assurément apprendre beaucoup du « feedback » de leurs consommateurs qui peuvent dores et déjà adresser facilement et sans intermédiaire leurs critiques, mais aussi exprimer leur satisfaction à l’égard des produits.

dimanche 6 mars 2011

Tendances consommation à surveiller en 2011

D'après l'agence Trendwatching.com, voici quelques tendances de consommation à surveiller en 2011 :

L'Écologie : l'objectif de plusieurs marques sera d'élargir leur cible, en vendant des produits bio ou écolo au delà de la niche des consommateurs écolos convertis

Une santé à préserver : Les consommateurs définissent la santé comme une priorité. Ils sont prêts à dépenser plus pour des produits ou services en lien avec la santé, leur qualité de vie.

La générosité ça paye : 86% des consommateurs pensent que les entreprises doivent tout autant s’occuper du bien-être de la société que de leur chiffre d’affaire. Les marques qui sauront être généreuses, faire preuve de compassion gagneront en image positive auprès de leur clientèle.

Jamais les mêmes prix : Les consommateurs sont friands des ventes flash et des offres limitées. (cf. le concept de Groupon qui se décline même aux achats verts à Vancouver avec EthicalDeal.
leur clientèle.

Les Urbains : (Urbanomics) Plus de la moitié des habitants de la planète vivent en ville soit 3 milliards de consommateurs urbains, considérés comme plus tolérants et plus audacieux qui sont donc des cibles privilégiées

 • Les médias sociaux :
- Avec le succès des medias sociaux, il faudra compter avec de nouveaux comportements ; des consommateurs découvrent de nouvelles façons d'interargir avec les marques et qui réclament toujours plus de transparence
- Des avis précieux : les recommandations de ces amis partagées sur les réseaux sociaux et les blogs sont devenues importantes pour aider à l’achat (soit pour confirmer soit au contraire pour alerter)
- Les fans s’affichent : Les boutiques en ligne affichent désormais leur badge facebook pour permettre aux consommateurs de les suivre en tant que Fans. On y découvre les liens de popularité, les statistiques, les interactions entre fans, ..

Source : Terraeco recense 11 tendances phares pour 2011, nous n’avons relevé que celles les plus en lien avec le sujet de ce blog. Pour connaître les tendances non mentionnées ici se reporter à l’article http://www.terraeco.net/






mardi 1 mars 2011

Le Cosmos-Standard : un label européen pour les cosmétiques bio

Après presque 10 ans de négociation, le Cosmos Standard, nouveau label européen pour les cosmétiques bio devrait bientôt fleurir sur les produits bio produits en Europe.

Développé conjointement par les organismes de certification Cosmébio, Ecocert (France), BDIH (Allemagne), ICEA (Italie) et la Soil Association (Grande-Bretagne), il « couvre » à la fois l’origine des ingrédients – qui sont répartis en cinq catégories (eau, ingrédients d’origine minérale, agro-ingrédients transformés physiquement, agro-ingrédients transformés chimiquement et « autres »), chacune étant soumise à des critères spécifiques – et leur transformation et garantit une traçabilité verte. Partant d’une application stricte du principe de précaution, il exclut ainsi l’utilisation de nanomatériaux, d’OGM et interdit le recours à des procédés d’irradiation.

Les logos nationaux ne seront cependant pas supplantés mais complétés par une mention « Cosmos Natural » ou « Cosmos Organic » selon le degré de certification. La nuance a son importance puisque les produits certifiés « Cosmos Natural » n’auront aucune exigence à remplir en termes de pourcentages minimums d’ingrédients bio. Les cosmétiques « Organic », eux, devront être constitués d’au moins 95 % d’agro-ingrédients physiquement transformés et 20 % du produit fini devra provenir de l’agriculture biologique (la barre restera néanmoins à 10 % pour certains produits comme les shampooings et les gels-douche).


Il est toujours pertinent de se demander si l'entrée en vigueur d'un nouveau label permet  véritablement de simplifier le message destiné aux consommateurs. En l'espèce,  l'inquiétude peut venir de l'utilisation du terme "natural" que l'on sait être largement surexploité et galvaudé par ailleurs et surtout l'idée de deux niveaux de certification. Il est néanmoins pertinent d'avoir conservé les logos nationaux qui se sont progressivement forgés une image de fiabilité et de crédibilité dans l'opinion. 




jeudi 3 février 2011

Une mode à petits prix Éco-responsable ? H&M lance une collection de printemps en matières durables

Le géant suédois du prêt-à-porter à prix modique, Hennes&Mauritz, veut verdir son image en lançant ce printemps une ligne de vêtements éco-responsables. 

Cette collection baptisée Conscious sera en vente dans les magasins H&M à compter du 14 avril 2011. Elle proposera des vêtements pour la femme, l’homme et l’enfant, réalisés dans des matières durables et respectueuses de l’environnement telles que le coton biologique, le Tencel® et le polyester recyclé. L'ambition affichée par H&M est d'atteindre des collections 100% eco-resposable d'ici 2020.


DEpuis 2007, les t-shirts organiques  ont fait leur apparition dans les rayons de H&M. L’enseigne s’est investie dans la Better Cotton Initiative, qui encourage les cultivateurs à réduire l’impact environnemental des cultures. Un programme qui vient de donner sa toute première récolte.


Le lancement de cette nouvelle gamme de vêtements intervient dans un contexte où le prix des matières premières ne cesse de grimper au point de devenir une véritable source inquiétude pour l’ensemble des entreprises du textile. En somme, développer une nouvelle gamme de produits fabriqués à base de nouvelles matières n’est finalement plus aussi onéreux que par le passé. Au contraire, cela devient même rentable dans la mesure où cela permet de se différencier de la concurrence et donc de se forger une image éco-responsable.


Mise à jour du 4 fevrier (suite au commentaire reçu le 3 février) :
Cette nouvelle ne semble pas faire des heureux du côté des designer et petits créateurs de mode éthique qui considèrent que les grandes chaînes comme H&M surfent sur la vague écolo et ne font  que du Greenwashing.  On tentera de suivre ce débat.
Lire : http://www.geenkgo.fr/mode-developpement-durable/2011/02/03/la-belle-campagne-de-greenwashing-est-lancee-chez-hm/comment-page-1/#comment-15334


dimanche 30 janvier 2011

Sacs en plastiques Vs Sacs réutilisables : Qui possède la plus petite empreinte écologique ?


Il y a peu Echo-responsable se demandait si la lutte contre les sacs plastiques n’était pas finalement une cause environnementale dérisoire. Pour continuer sur cette thématique, le Journal de Montréal vient de sortir un dossier intéressant sur le sujets Sacs réutilisables Versus Sacs de plastiques conventionnels

Le dilemme se pose ainsi en ces termes : vaut-il mieux utiliser une dizaine de sacs réutilisables durant cinq ans (ce semble être leur durée de vie), fabriqués en Asie (dans des conditions inconnues), qu'il faut laver régulièrement, mais qui sont non recyclables... ou consommer 350 sacs de plastique par année (c'est la moyenne par personne), qui sont complètement recyclables et qui peuvent aussi être en partie réutilisés pour les déchets de la maison?

Dans ce dossier, on peut lire avec intérêt que :

- Les sacs réutilisables commencent à atteindre leur fin de vie utile et révèlent un défaut qu'on n'avait pas anticipé: la plupart ne sont pas recyclables. Ils sont donc expédiés par les centres de tri dans les dépotoirs

- La plupart de ces sacs, en provenance de Chine, n’ont pas été conçus pour être recyclés. Ils réunissent beaucoup de matières différentes : la plupart d'entre eux sont munis de poignées en tissu, parfois d'œillets métalliques, de surcoutures, de parois en polyester ou d'autres matériaux; des «contaminants» inacceptables dans le processus de recyclage du plastique (Voir ici la Vidéo). Il y a un problème de débouchés. Il faudrait développer une filière de récupération spécialisée. Cela représente trop de travail pour les centres de Tri.

- Ce débat surgit en même temps que le Québec acquiert la capacité de recycler tous les sacs de plastique traditionnels consommés ici.


Au final, on en vient à se demander :

- S’il faudrait établir une norme pour ceux qui fabriquent ces sacs ?
- Si bannir ou jeter l’opprobre sur sac plastique est toujours la solution la plus environnementale ?



dimanche 23 janvier 2011

Substances toxiques inutiles : Pourquoi ne pas bannir le Triclosan de nos savons ?

Connaissez-vous le Triclosan ?
Le Triclosan est un pesticide toxique que l’on retrouve dans les trois quarts des savons à mains, mais aussi dans des détergents pour la vaisselle. Plusieurs études récentes ont révélé que l’on retrouvait des traces inquiétantes de Triclosan le sang des Nord-Américains et en particulier dans celui des femmes enceintes.

Produits contenant du Triclosan

Or il a été démontré que cette substance chimique est nuisible, elle peut affecter le développement fœtal, pourrait accroître la résistance aux antibiotiques, sans compter ses effets néfastes sur les milieux aquatiques. Le pire, c’est que les savons antibactériens contenant du Triclosan ne seraient pas plus efficaces que les savons réguliers. En d’autres termes, les risques sont bien plus grands que les éventuels bénéfices que l’on peut en escompter !

Aux États-Unis, The Campaign for safe Cosmetic, une association de consommateurs qui met en garde contre certaines substances chimiques qui composent les produits que nous utilisons tous dans nos salles de bain, tente de sensibiliser et de mobiliser l’opinion pour que l’EPA bannisse définitivement le Triclosan de la liste des ingrédients des savons. Son arme: la pétition et la mobilisation des internautes sur son site Web et sur les médias sociaux.

Si l’EPA en venait effectivement à interdire le Triclosan dans les savons, ce serait une grande victoire pour la santé et l’environnement !



mercredi 19 janvier 2011

Faut-il labelliser le « naturel » ?


Dans le domaine de la cosméto bio, le dernier né des labels verts s’appelle Eco-control. Il doit notamment garantir aux consommateurs l’absence d’OGM et d’autres matières dérivées de la pétrochimie.

Aussi sérieuse et vertueuse puisse être cette nouvelle certification, elle ne fait que s’ajouter à l’imposante cohorte de labels qui existent déjà. Il devient de plus en plus difficile pour les consommateurs, y compris les mieux informés, de se retrouver devant cette prolifération de logos. Ainsi le logo est-il toujours un moyen de clarifier la situation, ou ne risque t-il pas d’ajouter à la confusion ? Faudrait-il désormais limiter l’arrivée de nouveaux labels ?

Le cas du terme naturel est assurément un exemple illustrateur de ce débat. Certains s’interrogent en effet sur la nécessité de labelliser ou, à tout le moins, d’encadrer strictement l’usage du terme « naturel ». Celui-ci est suffisamment vague pour que de nombreux produits s’en réclament. Selon la base de données globale sur les nouveaux produits de Mintel, le terme naturel a été, pour l’année 2010, l’allégation la plus répandue sur les nouveaux emballages. Rien de véritablement étonnant quand on sait que le marché des produits bio, s’est maintenu malgré la crise, et que l’on estime qu’il devrait atteindre les 60 milliards de dollars US en 2011.

Cependant, un sondage récent réalisé aux États-Unis, sur 1000 consommateurs réguliers de produits « bio », révèle que les 2/3 souhaitent voir mis en place une norme encadrant et certifiant les processus et la composition des produits portant des allégations de produit naturel. 1/3 des personnes interrogées disent également n’avoir pas confiance dans ce type de prétention.

Pourtant, de nombreux consommateurs sont véritablement à la recherche de « naturel ». Dans un sondage précédent, on trouvait également 1/3 de répondants plus enclins à acheter des produits dits naturels que des produits prétendus bio, et ce alors que le produits bio font eux l’objet d’une norme stricte encadrée la Food and Drug Administration.

Cet intérêt pour le naturel est très certainement révélateur d’une tendance chez les consommateurs. Certains consultants notent qu’alors que les entreprises continuent, pour la plupart d’axer, leur discours environnemental sur les économies d’énergie et la protection de la planète, les consommateurs semblent, quant à eux, plus intéressés par des bénéfices personnels en termes de santé, et dans un second temps par l’implication sociale des entreprises dans la communauté.

En tout état de cause cette allégation "naturel " a sans doute de beaux jours devant elle et il serait peut être pertinent, en effet, d’y mettre un peu d’ordre. Encore faudrait-il pour commencer déterminer à qui, il reviendrait de vérifier et de décerner cette certification : les entreprises elles-mêmes, une ONG, un organisme public ?

Source: Le Blog Best in Packaging

mardi 4 janvier 2011

Sacs plastiques : cause environnementale dérisoire ?

Depuis plusieurs années, un peu partout dans le monde, les sacs en plastiques sont mis à l’index, accusés d’être un terrible fléau environnemental dont le symbole ultime est le terrible 6ème continent formé par un vortex de déchets essentiellement plastiques flottant au centre du Pacifique.

Depuis le 1er janvier, l’Italie vient de rejoindre l’Afrique du Sud, la Chine et le Bangladesh, un club de pays qui ont purement et simplement interdit le sac en plastique. Plus timoré, la France examine actuellement la mise en œuvre d’ici 2014, d’une taxe de 10 euros par kg sur les sacs plastiques non-biodégradables à usage unique distribués dans les supermarchés. Au Mexique aussi, les amendes sont dissuasives pour les grands distributeurs et les détaillants.

Au Québec, il paraîtrait que la taxe de 5 cent a porté ses fruits et que les consommateurs seraient de plus en plus nombreux à utiliser les sacs réutilisables. Et tout le monde s’en félicite. Mais est-ce vraiment un geste vert dont on doit s’enorgueillir quand on sait que… ?

- Les sacs représenteraient seulement 1 % des matières envoyées aux sites d’enfouissement dans lesquels le problème n’est pas le plastique inerte mais les matières putrescibles

- L’une des alternatives qu’on nous propose, le sac biodégradable ne fait toujours pas la preuve de sa valeur ajoutée ni de son innocuité environnementale. Pire, les centres de tri, les accusent de contaminer la chaîne du recyclage et nous demande de les jeter aux rebus, bref de les destiner à l’enfouissement

- Le véritable problème est celui du suremballage qui est bien plus dommageable

- Le souci environnemental c'est moins  le sac en lui-même que le comportement inconsidéré de certains consommateurs qui  jettent les sacs n'importe où.
---
- Encourager l’usage du sac réutilisable est une politique de petits-pas qui ne cause pas de débat politique risqué, et qui contente ceux qui veulent se donner bonne conscience… c’est peut être bien, mais c’est trop peu, surtout pour les entreprises de la distribution qui souhaitent développer une image éco-responsable. On parlera de véritables efforts lorsque l’éco-conception sera généralisée.

Le sac plastique c’est un peu un non problème pour lequel on a trouvé une solution.

dimanche 2 janvier 2011

10 résolutions vertes pour commencer l'année sous le signe des économies d'énergies

C’est le moment de faire sa petite liste de résolutions. Si certains d’entre vous sont encore à cours d’idée, voici 10 petites résolutions pas très difficiles à mettre en œuvre.


1. Ne plus acheter d’eau en bouteille : utilisez un pichet avec filtre à charbon à la maison et utiliser une bouteille réutilisable. En plus d’éviter la consommation de pétrole nécessaire à la production du plastique des bouteilles, vous pouvez économiser plus de 1000 dollars par an en achat d’eau embouteillée.

2. Faire son propre café (équitable de préférence). Emmenez son café dans une tasse ou un mug, permet d’éviter l’utilisation des verres en polystyrène qu’on ne peut recycler que très rarement.

3. Pensez à vos sacs réutilisables. On les oublie trop souvent et pourtant avec près de 10 millions de sacs en plastique jeté aux ordures chaque minute, on se dit qu’il y a encore un petit effort à faire pour prendre la bonne habitude de les emmener avec soi

4. Diminuer votre consommation de papier essuie-tout. On peut facilement y parvenir en se dotant de quelques torchons et serviettes en tissu. CE geste pourrait permettre de réduire jusqu’à 3000 tonnes de papier qui finissent dans les sites d’enfouissement en Amérique du nord.

5. Marcher ou utiliser le vélo pour les petits trajets

6. Soutenir l’agriculture locale en achetant directement au producteur. Il y a aussi des programmes d’agriculture soutenue par la communauté en y participant vous soutenez un producteur bio et vous achetez des paniers bio qui sont même parfois livrés à domicile ou en tout cas près de chez vous. (Voire programme fermier de famille d’Equiterre) http://www.equiterre.org/solution/fermier-de-famille

7. Pensez à vous faire une journée végétarienne dans la semaine. En diminuant sa consommation de viande, vous pouvez réduire considérablement votre empreinte écologique(jusqu’à 1/3 de moins si vous pratiquez un régime végétarien pendant deux jours!)

8. Traquez la consommation électrique fantôme. Appareil en veille, chargeur de téléphone resté branché, etc, ….utilisez des minuteries ou des multiprises

9. Changez vos ampoules incandescentes pour des fluocompactes

10. Utilisez votre électroménager avec discernement (ne lancer son lave vaisselle que lorsqu’il est plein, faire des lavages à froid, séchez son linge à l’air au lieu de la sécheuse quand c’est possible, acheter des machines plus performantes au moment de les changer)



Sources: Treehugger

mercredi 15 décembre 2010

La guerre (verte) des sexes est-elle lancée ?

La sensibilité à l’écologie dépendrait-elle du taux de testostérone et d’œstrogènes ? Plusieurs enquêtes tendraient à montrer que la femme est plus soucieuse de l’environnement et des générations futures. Est-ce vraiment le cas ?

Le journal Terra Eco a récemment proposé un dossier pour tenter de comprendre la différence entre le comportement les hommes et des femmes vis-à-vis de l'environnement.



Quelques éléments intéressants à retenir :

Mâle techno- femelle conso
Le sondage mené par Terra Eco et Opinion Way montre que sur de nombreux registres comme les économies d’énergie et d’eau, le tri des déchets, la protection de la nature et des espèces, il n’y aurait pas de différence significative. 
Les différences se verraient davantage sur la question du transport et de la consommation. Quand Madame utilise davantage les transports en commun, Monsieur préférerait utiliser sa voiture.Les hommes maîtriseraient également mieux la notion de développement durable que les femmes et serait davantage expert en chauffage alternatif !

En revanche, les femmes seraient plus concernées par les registres de la gestion domestique, et par ceux qui ont des impacts sur la santé. D’ailleurs, selon l’Institut EcoFocus, la tribu des EcoWare Moms (« mères écoconcernées ») seraient près de 51 millions aux Etats-Unis, et concentreraient à elles seules un pouvoir d’achat de 1 450 milliards de dollars (1 000 milliards d’euros).

Attention cependant à ne pas tirer de conclusions hâtives. En effet, ces résultats, n’ont pas grand-chose de surprenants, car ce sont surtout les femmes qui font les courses. Il est donc naturel que ce soit elles qui choisissent les produits verts, bio, équitables, respectueux de la planète et de la santé de la famille. Le partage des tâches domestiques reste encore l’un des progrès les plus essentiels à faire.

Genre et Carbone
Qui émet le plus de GES ? Pas évident de trancher. D’un point de vue statistique, il semblerait que « grâce » aux inégalités économiques et sociales chroniques dont elles sont victimes, les femmes auraient un moindre impact sur l’atmosphère. La différence se ferait aussi sentir au fond de l’assiette. Les femmes font la cuisine, certes, mais elles bâfrent moins de viande que les hommes.

Bref, de quoi nous convaincre que le chromosome X n’est pas nécessairement plus vert que le chromosome Y. Autrement dit, il serait probablement dangereux d’essentialiser les sensibilités environnementales et de chercher à les cantoner à un genre spécifique, alors que les comportements environnementaux, s’expliquent par ailleurs, par d’autres facteurs socio-culturels.

lundi 13 décembre 2010

NIKE : Un pas de plus vers l’éco-conception des équipements et vêtements de sport.

La célèbre marque à la virgule a récemment rendu public un programme d’éco-conception des textiles. Il s’agit d’un logiciel offrant aux stylistes la possibilité de faire des choix durables dès le début du processus de création des produits. Cette annonce intervient 5 ans après le lancement de sa ligne « Nike Considered » qui se donne pour ambition de concilier innovation et performance et respect de l’environnement.

Pour l’équipementier, cela signifie très concrètement : réduire ses déchets d'un bout à l'autre du processus de conception et de développement, utiliser des matériaux respectueux de l'environnement, et éliminer des produits toxiques comme la colle et les solvants.

Parmi les produits phares de cette collection, on retiendra notamment la la toute première Air Jordan XX3 « écolo », la 23ème version (!) de l’emblématique chaussure sortie en 2008. Plus récemment, un autre modèle inspiré par un célèbre basketteur, Steve Trash, un ardent défenseur de l’environnement, est uniquement fabriqué à partir de déchets (cuir, mousse, caoutchouc etc.) provenant des usines de la marque et du « Nike Grind », un matériau utilisé dans le programme « Nike Reuse-A-Shoe » qui peut aussi servir à la conception de vêtements, d’aires de jeux et de terrains de sport. Depuis la création de cet outil, ce sont plus de 24 millions de paires de chaussure qui ont ainsi déjà été recyclées.

Dans le même ordre d’idée, les maillots de soccer conçus par Nike dans le cadre de la Coupe du monde de soccer 2010 en Afrique du Sud ont été fabriqués à partir de polyester recyclé à 100 %, le choix du matériau a permis de sauver de la décharge 13 millions de bouteilles en plastique. Rien qu'au cours de l'année passée, Nike a doublé son utilisation de polyester recyclé, permettant de sauver de la décharge 82 millions de bouteilles en plastique. Si toutes les sociétés spécialisées dans l'habillement choisissaient de remplacer un tiers de leurs vêtements en polyester par des vêtements en polyester recyclé, la demande en polyester recyclé serait plus importante que la production annuelle de bouteilles en plastique, ce qui permettrait de sauver les bouteilles en PTE de la décharge.

Avec cette annonce, Nike souhaite que d’autres industriels emboîtent le pas et améliorent cet outil d’éco-conception. L'objectif de l'équipementier de sport est d’encourager l’adoption massive par l’industrie de pratiques de conception durable et d’offrir aux consommateurs davantage de produits durables.

L’éco-conception de Nike : un joli coup marketing et une initiative qui va dans le bon sens ! La compétition entre les grandes marques de sport devrait aussi se jouer sur ce terrain-là !!



L'outil de conception de vêtements environnementaux est disponible sur :
Vous trouverez un webisode d'information sur le site http://www.nikeresponsibility.com/.


mardi 7 décembre 2010

Remise des Gigaton Awards : des prix pour récompenser les meilleures initiatives en Développement durable

Pour la 3ème année consécutive, une cérémonie organisée le 4 décembre dernier s’est déroulée, à Cancun, pour décerner les Gigaton Awards. Parmi les lauréats, cette année, figurent notamment les entreprises GDF-Suez et Nike.

Le Gigaton Throwdown Initiative, porté notamment par le milliardaire britannique Richard Branson et son organisation Carbon War Room, a pour objectif d’inciter les chefs d’entreprise, les investisseurs et les responsables politiques à mettre en œuvre tous les moyens nécessaires pour réduire significativement leurs émissions de CO2 à l’horizon 2020. Qualifié de « Coupe Stanley du carbone », ce challenge entend rendre des démarches comme la compensation carbone plus séduisantes pour les entreprises et donner ainsi une touche de glamour et de paillettes à l’écologie.

L’événement a en outre été l’occasion de réunir les PDG de quelques-unes des plus grandes entreprises de la planète autour d’un intérêt et d’un objectif commun : préserver l’environnement. « Nous pensons que le business peut guider le monde » : telle est la devise de R. Branson et consorts. Qu’on y adhère ou pas, et quelles que soient les critiques dont les « Oscars » verts ont fait l’objet, le fait est que le respect de la planète passe aussi par une prise de conscience par les multinationales de leur rôle d’ambassadrices de la logique « écolo ».

Source: Sophie de Busni, Zegreenweb.com 

mercredi 1 décembre 2010

1er Baromètre de la consommation responsable: les Québécois s'en tirent bien


Acheter, c’est voter! Voilà une phrase qui illustre bien la consommation responsable et le pouvoir d’influence que détiennent les consommateurs. Par ses choix, chacun peut contribuer à influencer la société ou l’environnement qui l’entoure. Il détient un droit de regard sur les agissements de certaines entreprises ou marques.
 Être un consommateur responsable, c’est :
  • Faire des choix basés sur des critères sociaux (par exemple, des produits équitables) et environnementaux (par exemple, des produits biodégradables) 
  • Choisir de ne pas acheter un produit ou un service s’il ne correspond pas à ces critères
Partant du constat que nous savions en réalité peu de choses sur les pratiques de consommation responsable des Québécois, l'Observatoire de la consommation responsable de l'Université de Sherbrooke a mis au point un indice de mesure afin d’évaluer le niveau de consommation responsable au Québec.

Les résultats de la première étude sur la consommation responsable au Québec révèlent que les Québécois obtiennent une note honorable, soit un indice de 64 sur un maximum de 100.

L’étude dessine trois grandes tendances de consommation responsable au Québec qui se résument ainsi:

1) Les Québécois sont champions du recyclage et que les habitudes de tri sélectif sont bien ancrées chez plus de 80 % des personnes interrogées.
 2) Le consommer moins est dans l’air du temps pour plus de 64 % des Québécois (un résultat peut être lié au climat économique).
 3) Les Québécois sont de plus en plus nombreux à se tourner vers l’achat local: 60,1 % d’entre eux ont fait ce choix dans la dernière année lorsque c’était possible. De même, 60,9 % des personnes interrogées favorisent les achats de proximité

Parmi les autres faits saillants de cette analyse, on retiendra que :
- Les baby-boomers (personnes nées entre 1946 et 1964) forment le groupe d’âge le plus responsable au Québec. À l’opposé, la jeune génération Y (née entre 1979 et 1995) représente le groupe de consommateurs le moins responsable.

- Quant aux certifications responsables, les Québécois s’en méfient, car ils les trouvent complexes et peu identifiables. Ils pointent régulièrement le manque d’information à leur sujet et accordent peu d’importance à leur croissance exponentielle sur le marché

- Pour 56,1 % des Québécois, le prix des produits ou des services responsables est bien trop élevé par rapport à celui d’autres produits de leur catégorie. Et surtout, plus d’un tiers des personnes interrogées doutent encore de la qualité et de la performance des produits et services responsables

Les résultats du Baromètre de la consommation responsable s’appuient sur un pré-test réalisé du 12 au 17 octobre auprès de 170 Québécois(es) âgés de 20 à 79 ans. Ils s’appuient également sur une enquête réalisée du 4 au 11 novembre auprès d’un échantillon de 750 Québécois(es) représentatif de la population. La marge d’erreur est de 3,6 %.

Pour en savoir plus : le site du Magazine Protégez-vous.ca

jeudi 25 novembre 2010

Les Éco-Gestes au Quotidien

Comment trier ? Comment choisir les produits les plus respectueux de l’environnement ? Comment agir pour que le recyclage soit le plus efficace possible ? L’ADEME et l’Institut national de la consommation (INC) se sont associés autour d’un objectif commun : donner les clés pour consommer mieux à travers la diffusion de cinq films dans le cadre du programme télévisé Consomag, sur France télévision.


Les thèmes abordés : la réduction des déchets alimentaires, les écolabels des produits d'entretien, la consommation des appareils électriques, le tri des déchets, l'étiquetage alimentaire et l'indice carbone.
 
 

Des rappels toujours utiles.

jeudi 18 novembre 2010

Québec: une nouvelle certification pour les produits à contenu recyclé

On a appris cette semaine que le Québec sera l’un des premiers États en Amérique du Nord à offrir, dès 2012, une certification pour les produits à contenu recyclé.
Pour le moment, le pourcentage de produits recyclés n'est pas réglementé, et il ne sera pas nécessairement soumis à une norme. Les entreprises seront cependant tenues d'afficher le contenu des matières recyclées qu'elles utilisent dans la fabrication de leurs produits.

Le Bureau de la normalisation du Québec sera chargé d'élaborer ce nouveau programme de certification, alors que le ministère du Développement durable sera le détenteur de cette marque de certification et verra à sa diffusion. Cette mesure s’inscrit dans les objectifs de la future politique de gestion des matières résiduelles, parmi lesquels on relève en effet l’ambition d’augmenter la demande pour les produits à contenu recyclé.

Cette certification entend permettre aux consommateurs d’opérer des choix plus éclairés, en évitant notamment certaines pratiques qui relèvent du greenwashing. Une étude américaine réalisée en 2009 et portant sur plus de 2000 produits étiquetés «verts», révélait en effet que 98 % des produits fabriqués à partir de matières recyclées n'en contenaient parfois qu'un infime pourcentage.

Néanmoins, il faudrait préciser qu’idéalement, les produits à recycler devraient aussi être plus homogènes, c'est-à-dire composés de matières de même nature. Mais cela ne fait, pour l’instant, pas partie des éléments pris en compte par la certification annoncée.

Il conviendrait enfin souligner également que l’achat d’un produit à contenu recyclé n'est pas systématiquement le meilleur choix environnemental, si on tient compte notamment de sa provenance, sa toxicité et de son potentiel de réutilisation, etc.

mercredi 17 novembre 2010

Rona lance un guide de la rénovation éco-responsable

Nous mentionnions récemment que Rona se lançait dans l'étiquetage environnemental pour certains de ses produits. Le distributeur et détaillant en quincaillerie poursuit son action pour une consommation éco-responsable en lançant aujourd’hui un Guide pour la rénovation écoresponsable.

Ce guide se veut pédagogique et entend donner aux consommateurs une information complète quant aux impacts environnementaux de leurs choix de produits tout en fournissant des conseils pratiques en matière de rénovation écoresponsable.

Réalisé en collaboration avec la Chaire internationale en analyse du cycle de vie de l’École Polytechnique de Montréal, Écohabitation et Équiterre, ce Guide comprend deux sections principales : les projets et les produits.

- Dans la section « Projets », de nombreuses options de rénovations écoresponsables, accompagnées d’une analyse de leurs impacts sur l’environnement, sont disponibles.
- Les caractéristiques et les bienfaits environnementaux de chaque produit sont détaillés dans une fiche établie selon les cinq étapes du cycle de vie. L’évaluation est effectuée selon l’impact du produit sur les cinq enjeux environnementaux : les changements climatiques, la qualité et disponibilité de l’eau, la santé humaine, les écosystèmes et l’épuisement des ressources.

Difficile pour l'heure d'évaluer le potentiel de réception d'une tel guide chez les consommateurs. Y a t'il une attente ? Un véritable intérêt ? Le fait de proposer une ACV pour chaque produit ne risque t'il pas de brouiller le message et de complexifier le choix ?...voilà en tout cas, une initiative intéressante qui souligne l'ancrage de Rona dans une stratégie de réduction de son empreinte environnementale.

Acheter des produits éco-responsables pour la rénovation de son petit chez soi , c'est bien, mais pour les consommateurs les plus méticuleux sur ces questions d'éco-responsabilité, il y aussi l'option très pertinente de passer par la réutilisation et de la valorisation de matériaux de construction déjà utilisés et récupérés avant d'acheter du neuf. Certains organismes, comme les ressourceries vous en proposent, de même que du petit électroménager réparé. Des initiatives implantées localement et qu'il est d'autant plus intéressant de soutenir qu'elles oeuvrent aussi pour la réinsertion professionnelle de personnes démunies. C'est notamment le cas de la Ressourcerie Transition à Drummondville, anciennement connu sous le nom de Manitou Drummond.
























mardi 16 novembre 2010

Les nanotechnologies accusées de greenwashing

Les Amis de la Terre Etats-Unis, Australie et Europe ont publié hier un rapport qui révèle que les nanotechnologies, sous leur forme actuelle, n'augmenteront pas significativement l'efficacité énergétique et n'aideront pas à combattre les changements climatiques.

Le rapport intitulé "Nanotechnology, climate and energy : over-heated promises and hot air" revient sur la complexité des nanotechnologies et démontre que leurs usages actuels ne produisent aucun bénéfice contre les changements climatiques, l'épuisement des ressources et les pollutions. Au contraire dit le rapport : "les nanotechnologies augmentent la consommation énergétique et créent de nouveaux risques environnementaux".

Selon le rapport les nanotechnologies ont fait l'objet d'un greenwashing considérable. Pour les auteurs, les industriels les présentent comme une solution aux problèmes environnementaux ; or malheureusement, investir dans leur développement détourne des solutions écologiques vraiment efficaces. Leurs usages actuels, tels que chaussettes, équipements de sport ou cosmétiques enrichis en nanoparticules, n'apportent ni économies d'énergie ni bénéfice environnemental, mais exigent beaucoup de matières premières, de ressources et d'énergie.

Ian Illuminato des Amis de la Terre Etats-Unis, co-auteur du rapport, analyse : « Malgré les allégations des industriels, les nanotechnologies ne peuvent contribuer à réduire nos consommations d'énergie et nos émissions de gaz à effet de serre. Dans la pratique, c'est l'inverse qui se dessine : les nanotechnologies donneront aux décideurs politiques une excuse pour poursuivre comme avant, reléguant au second plan des choix technologiques plus intelligents et les nécessaires changements radicaux de nos modes de consommation et de production. Les nanotechnologies n'ont rien d'une solution clé-en-main pour la crise environnementale. Au mieux, elles pourraient avoir un léger impact positif sur quelques problèmes énergétiques et climatiques, mais elles risquent surtout de beaucoup aggraver la situation globale. ».



Source : DDMagazine

 

lundi 15 novembre 2010

Développement durable : Unilever met la barre très haut

Le géant néerlando-britannique de la distribution, qui commercialise notamment les marques Amora, Axe, Ben&Jerry’s, Cif, Knorr, Lipton, vient de mettre au point une stratégie environnementale pour le moins ambitieuse, escomptant réduire de moitié l’impact écologique de ses produits à l’horizon 2020 ! Un objectif relevé étant donné son implantation dans quelque cent soixante-dix pays et le fait que quelque deux milliards de produits Unilever sont utilisés chaque jour partout dans le monde.

La multinationale, va aussi s’attacher à améliorer la qualité nutritionnelle de ses produits alimentaires, lesquels verront leurs quantités de sel, de sucre, de graisses saturées et de calories sensiblement réduites.

Lancé simultanément à Amsterdam, Londres, New Delhi et New York, le Sustainable Living Plan d’Unilever est le fruit de douze mois d’un brainstorming intense. Le directeur exécutif de l’entreprise Paul Polman, selon qui « continuer à augmenter l’empreinte environnementale tout en continuant de développer le business n’était pas viable », a vanté ses visées, justifiées par le fait que « les consommateurs en veulent davantage ».

Celles-ci sont en effet remarquables, avec notamment les défis d’utiliser de l’huile de palme exclusivement durable à l’horizon 2015 et de sourcer l’intégralité de ses matières premières agricoles de manière durable d’ici 2020 et d’atteindre les 40 % d’électricité d’origine renouvelable pour ses sites de fabrication d’ici la prochaine décennie. Unilever souhaite aussi, en aval des ventes, éco-sensibiliser quatre cents millions de consommateurs en leur procurant des produits et des outils à même de faciliter la réduction des rejets carbone lors de leurs lessives et de leurs douches. De même, la multinationale table sur un maintien des émissions de GES de sa chaîne logistique au niveau de cette année en 2020, soit compte-tenu de ses perspectives de développement une amélioration de 40 % de l’efficacité énergétique.

Faciliter l’accès à l’eau potable dans les pays en développement (PED) via une augmentation des ventes de son purificateur d’eau maison Pureit est une autre priorité du groupe.

Le plus dur reste à faire. L’intention, elle, est ô combien louable.